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Le Galetas des Pompiers, le seul musée dont la Ville est propriétaire

Dernière mise à jour : 23 avr. 2023

Dans le quartier de la Neuveville, une véritable caverne d’Ali Baba présente des milliers d’objets et de souvenirs liés à l’histoire du service du feu à Fribourg, datant du 18e siècle pour les plus anciens. Les pièces qu’il ne possède pas, ce musée spontané peut les montrer en photo aux visiteurs accueillis régulièrement et gratuitement – sur rendez-vous – par l’équipe bénévole des Amis du Galetas. Le samedi 13 mai, elle participera par ailleurs à la Nuit des musées. Le Galetas des Pompiers de Fribourg, aux Petites-Rames 12, c’est d’abord un bâtiment historique et classé au niveau fédéral. Construit en 1886 sur le rempart de la ville pour Paul-Alcide Blancpain, de la brasserie du même nom devenue Cardinal en 1890 (en hommage à la nomination par Léon XIII de l'évêque de Fribourg Mgr Gaspard Mermillod comme Cardinal), il a servi initialement «de glacière et rafraîchissoir». En 1897, l’édifice est surélevé selon les plans de Léon Hertling, un architecte à qui l’on devra par la suite les constructions de Friart, de l’Hôpital Daler, de la BCF dans le quartier du Bourg ou encore de la Bibliothèque cantonale et universitaire (BCU).

Après le déménagement de la brasserie sur le site actuel de BlueFactory près de la gare, en 1904, le dépôt est loué par la Ville de Fribourg qui en fait un local des pompes. Une tourelle est d’ailleurs construite pour le séchage des courses (tuyaux) en cuir et en chanvre. En 1916, le bâtiment est racheté par la commune, toujours propriétaire, qui a procédé à des travaux de rénovation dans les années 1980 (réfection de la toiture et suppression de la tourelle de séchage).


Visite dans l’univers fascinant de la lutte contre le feu «Notre musée un peu improbable est ainsi le seul et unique qui appartient à la Ville de Fribourg», souligne avec fierté Philippe Meyer, qui est l’un des principaux instigateurs de cette attraction. «Je travaillais comme permanent à la caserne des pompiers quand, dans le cadre de la réorganisation du Bataillon de la Ville de Fribourg en 2007, on a rassemblé ici tout le matériel entreposé jusqu’alors dans divers locaux de la cité. Petit à petit, j’ai commencé à faire visiter ce local à des groupes, raconte celui que l’on surnomme volontiers Filibert 1er et qui est épaulé aujourd’hui par une équipe d’une vingtaine de «sémillants bénévoles» réunis au sein de l’association des Amis du Galetas officiellement constituée en 2016.

Philippe Meyer, alias Filibert 1er, est l'âme du Galetas des Pompiers.

Pompes à bras, hydrantes, lances, courses (tuyaux), échelles, cordes, haches, casques et uniformes: plusieurs milliers d’objets, autant de témoins du temps passé, sont exposés dans la pittoresque institution du quartier de la Neuveville, en perpétuel mouvement. «Grâce à sa silhouette hétéroclite et son ancrage fort dans l'esprit de la Basse, la visite du Galetas des Pompiers vous immerge immédiatement dans l’univers fascinant de la lutte contre le feu», promet le flyer de l’amicale. Alors que le bataillon local vient d'être dissous à la suite de la fusion des corps de tout le district de la Sarine, il est en outre «définitivement entré dans l'histoire», estime Philippe Meyer, non sans émotion, relevant que le major Pasal Zwahlen aura été le 22e et le dernier commandant du Bataillon des sapeurs-pompiers de la Ville de Fribourg. Chaque semaine ou presque, sur rendez-vous, lui et son équipe accueillent des groupes (d’au maximum 40 personnes) pour des visites. «En français, en allemand et… en bolze», se marre l’alerte retraité, qui affiche 69 ans au compteur.. Deux historiens ont dressé un inventaire de la collection

C’est en 2014 que le musée spontané prend réellement son envol. Deux historiens – Anita Petrovski Ostertag et Raoul Blanchard – sont mandatés pour dresser un inventaire de la collection du Galetas des Pompiers. «Le logiciel professionnel utilisé pour cet recensement muséographique, achevé en 2018 avec le soutien entre autres de l’ECAB, est le même que celui du Louvre», mentionne au passage Philippe Meyer. «Depuis que ce travail de longue haleine a été réalisé, je vous assure que nous ne voyons plus nos objets de la même façon.» A côté du matériel et des équipements de sapeurs-pompiers, le petit musée de la Basse présente aussi des gravures, des tableaux ou encore des photos d’époque qui illustrent notamment les incendies qui ont marqué la ville. Celui tragique de la pharmacie Lapp, au pied de la cathédrale, qui malgré une mobilisation générale a fait trois victimes (des enfants) en 1871, ceux de l’Hôtel Terminus et du Criblet, tous deux en 1899, ou encore celui de l’Hôpital des Bourgeois en 1937, provoqué par un pyromane échappé de Marsens.

 
 

Avec ses milliers de pièces exposées, dont de nombreuses «anguettes» (des bidons à eau en cuir, tissu ou bois) et des cordes en chanvre fabriquées par une manufacture voisine du musée, le Galetas des Pompiers est une véritable caverne d’Ali Baba. «L’insolite de la bâtisse et la mise en scène dynamique font dialoguer les époques et les mutations techniques», lit-on sur le site internet du musée. «Au niveau historique, le plus beau bijou présenté ici est sans doute une pompe à bras du 18e siècle qui avait été vendu à Rueyres-Saint-Laurent en 1840 et qu’on a pu récupérer il y a quelques années», considère Filibert. Au-delà des objets, il y a aussi toutes ces anecdotes narrées par la dizaine de guides en fonction, souvent d’anciens officiers du défunt Bataillon de la Ville.

«Le plus beau bijou présenté dans petit notre musée est une pompe à bras datant du 18e siècle. Pour permettre l'achat de nouveau matériel, elle avait été vendue en 1840 par la Ville de Fribourg à la commune de Rueyres-Saint-Laurent et on a pu par chance la récupérer il y a quelques années», explique Philippe Meyer.

«Saviez-vous par exemple que, depuis des siècles, une cloche de la cathédrale datant de 1367 sonne encore tous les soirs à 22h16 précises le couvre-feu pendant 3 minutes?», questionne le président des Amis du Galetas. A l’époque, c’était une mesure de prévention contre les incendies. Comme en témoigne notamment le fameux plan Martini de 1616, le service du feu s’appuie en outre depuis le Moyen Age, en ville de Fribourg, sur un réseau d’étangs et d’aqueducs. «D’ailleurs, ce n’est pas pour servir de garniture pour les canards que l’étang artificiel du Jura a été créé, rappelle Philippe Meyer. Il a remplacé l’étang du quartier d’Alt qui servait à alimenter les sapeurs-pompiers et qui a été supprimé lorsqu’il a été décidé de faire passer le train Berne-Lausanne par Fribourg.» On apprend encore que la première échelle aérienne – une Magirus atteignant 16 mètres de déploiement – est arrivée à Fribourg en 1900, après deux importants incendies l’année précédente.

Saucisses de chien et jeux d'adresse pour les enfants lors de la Nuit des musées

Depuis plusieurs années, le Galetas des Pompiers participe par ailleurs à la Nuit des musées. Pour la 13e édition, le 13 mai, Filibert 1er son équipe proposeront des animations sur le thème «Saveurs et savoirs», entre 18h et 23h30. Après avoir entendu que les pompes à bras étaient primordiales avant la pose des hydrantes ou que les casques en cuir évitaient aux pompiers de se faire électrocuter au moment où la ville a commencé à être électrifiée, les visiteurs pourront ainsi savourer la fameuse «saucisse des pompiers» qui était servie à la pause durant les exercices. «On l’appelait saucisse de chien, rigole Philippe Meyer. Mais rassurez-vous, les chiens ne sont pas menacés en Basse-Ville. Il s’agit en fait d’une saucisse au cumin qui vient en alternance d’un des deux artisans de la Basse-Ville.» Cette année, elle sera livrée par la boucherie Bertschy, à la rue de la Neuveville. Le programme de cette soirée, intitulée tout naturellement «Au feu!», prévoit aussi des jeux d’adresse pour les enfants, animés par un détachement des jeunes sapeurs-pompiers du district de la Sarine (en continu jusqu’à 22h). Le fameux «thé des pompiers» sera aussi servi.

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