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Quand Fribourg et la 21e Schubertiade sont snobbés par «Le Temps»

Dernière mise à jour : 15 sept. 2022

«Coup de crosse.» C’est à cette enseigne que la «Gazette de Fribourg» va publier régulièrement un billet d’humeur (ou d’humour) lorsque le besoin s’en fera sentir. Le nom de cette nouvelle rubrique s’est vite imposé dans cette cité dont les plus grandes stars, Saint Nicolas et les Dragons, savent manier la crosse... ou le martinet. Le quotidien «Le Temps» est le premier à en subir les coups. Difficile de ne pas le savoir au vu des heures de direct proposées depuis samedi matin par la RTS: après cinq années blanches, Franz Schubert réapparaît ce week-end à Fribourg, où il avait déjà été mis à l’honneur en 2007. Jusqu’à ce soir, son aura musicale planera sur la programmation «éclectique et inspirante» de la 21ème Schubertiade d’Espace 2 qui a déplacé ses studios sur la place Python pour l’occasion. Avec la volonté affichée de séduire les jeunes (l'entrée au festival est gratuite pour les moins de 16 ans), mais aussi d’inviter plus largement les mélomanes alémaniques, avait expliqué Ruth Lüthi, présidente du comité local d'organisation, à la veille de la fête.

Comme l’ont averti les organisateurs, lors de la conférence de presse, le plus dur sera de choisir: 160 concerts, l’emblématique Messe allemande, le Kiosque à Musiques en direct sur La Première, plus d’une centaine d’ensembles, 15 chœurs, 13 projets artistiques fribourgeois, 18 lieux et jardins… et plus de 1000 interprètes figurent en effet au programme! Raison pour laquelle l’organisation avait sélectionné des incontournables, dont «l’archet magique et l’irrésistible orchestre» annoncés pour le concert de clôture. Entendez par là l’Orchestre de chambre de Lausanne (OCL) et son directeur depuis l’automne passé Renaud Capuçon. Un violoniste virtuose dont la réputation internationale n’est plus à faire. Chambriste de renom, il est aussi directeur artistique du Festival de Pâques d’Aix-en-Provence et des Sommets Musicaux de Gstaad

Et le concert de clôture de la Schubertiade alors?

Nous n’avons donc pas été surpris de découvrir que le quotidien «Le Temps» consacrait toute la dernière page de son édition de samedi à cette vraie «star du classique», qui est par ailleurs l’époux depuis 2009 de la célèbre journaliste de télévision Laurence Ferrari. «Cet homme à l’agenda aussi chargé qu’une symphonie post-romantique», comme l’a joliment décrit ce printemps le journaliste de «La Liberté» Thierry Raboud, a ainsi accepté de prendre un peu de son temps pour dévoiler au journal du même nom la constellation des personnes – «ses étoiles» – qui l’ont le plus inspiré. Des musiciens y côtoient des poètes, ainsi que son violon, un instrument mythique de 1737, auquel il a carrément consacré un ouvrage sous le titre de «Mouvement perpétuel» (Flammarion 2020).


Jusque-là, rien à redire. En revanche, il y a un passage dans l’introduction de l’article qui, de l’avis de la «Gazette de Fribourg», mériterait un petit coup de crosse. Après avoir longuement présenté Renaud Capuçon et juste avant de le faire parler de ses sources d’inspiration, la rédactrice du «Temps» glisse une petite phrase sur l’actualité de ce «violoniste et chef d’orchestre qui a plus d’une corde à son archet et qui se prépare à inaugurer la salle de Beaulieu à Lausanne». C’était hier soir, c’est vrai. Mais le directeur et soliste de l’OCL donne aussi un concert de gala, ce dimanche à 17h, au Théâtre Equilibre pour clore la 21e Schubertiade. Dirigé du violon, l’Orchestre de chambre de Lausanne interprétera des pièces de Schubert, forcément, mais aussi de Mozart et de Mendelssohn.

L'OCL et Capuçon de retour à Fribourg le 25 octobre La Schubertiade, qui attire les foules, serait-elle trop populaire pour le quotidien de référence en Suisse romande? Si tel est le cas, c’est fort dommage car c’est mal connaître Renaud Capuçon, un chef généreux qui s’efforce depuis des lustres de «décloisonner la musique classique» et qui aime «faire son possible pour que la musique classique soit accessible à tous». On préfère donc penser qu’en passant sous silence la présence de l’OCL et de son chef d’orchestre, ce week-end à Fribourg, la journaliste n’a juste pas vu… passer le puck. Elle peut toujours se rattraper: le prodigieux violoniste et l’ensemble lausannois qu’il dirige reviennent le 25 octobre à l’Aula de l’Université.

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